accompagner

l’enfant dans son unicité

une expérience humaine

initiatrice et transformatrice

Crédits photos : Olivia Sinet

christine descargues

jour 5 live 12h

mon bonus intégré au coffret

un atelier guidé

Décryptez votre relation parent-enfant grâce au Design Humain

christine descargues

biographie

Christine Descargues est notre experte à l’Ecole de Sexologie qui est spécialisée en psychogénéalogie, et dans la libération des mémoires transgénérationnelles et karmiques.

Christine est psycho énergéticienne, médium, coach en parentalité consciente et coach de vie. Son expertise autour de la grossesse et de l’accouchement, la parentalité, des traumas liés aux violences familiales et des transmissions inconscientes s’est construite au fil d’années d’accompagnement, d’exploration intérieure et de nombreuses formations.

sexe & origine

l’interview

question

Quel a été ton ressenti lors de la découverte du nom choisi pour le congrès sexe & origine ?

Trop bien on va aller explorer et remonter à l’origine pour remettre de la conscience sur un sujet très tabou encore surtout en France.

question

Quel(s) lien(s) peux-tu faire entre sexualités, maternités et la parentalité ?

Pour moi, sexualités, maternités et parentalités sont profondément liées, parce qu’elles viennent toucher au corps, à l’intime, au désir, à la transmission et à la place que l’on s’autorise à prendre.

La maternité a transformé mon rapport à mon corps et à ma féminité. Les fausses couches que j’ai traversées, puis la naissance de mes enfants, m’ont confrontée à la puissance du corps, mais aussi à sa vulnérabilité. Ce corps peut désirer, créer, porter, perdre, donner naissance … tout en gardant la mémoire de ce qu’il a vécu.

Devenir mère peut aussi modifier la sexualité. Le corps maternel est énormément sollicité : il porte, il nourrit, rassure et prend soin. Il peut alors être plus difficile de retrouver un corps qui nous appartient, un corps de plaisir et de désir, et pas seulement un corps « au service » des autres. La fatigue, la charge mentale, les transformations physiques et le manque d’espace personnel peuvent également éloigner de sa sensualité.

Mais pour moi, la maternité ouvre aussi une porte très forte sur le transgénérationnel. Au moment où l’on devient mère, on ne transmet pas uniquement la vie. On peut également transmettre, souvent inconsciemment, une histoire familiale : des croyances sur le corps, la sexualité, le couple, la place des femmes et des hommes …

… mais aussi des peurs, des blessures, des silences, des hontes ou des interdits. La grossesse, l’accouchement et l’arrivée d’un enfant peuvent ainsi réactiver des mémoires très anciennes. Certaines nous appartiennent directement ; d’autres semblent venir de notre lignée. Des vécus autour de la maternité, des deuils, des fausses couches, des violences, des abandons, des secrets ou du sacrifice féminin peuvent refaire surface. On peut se retrouver à reproduire des attitudes que l’on avait pourtant juré de ne jamais reproduire.

La parentalité agit alors comme un révélateur. L’enfant vient parfois réveiller l’enfant que nous avons été : celui qui n’a pas été suffisamment regardé, sécurisé, écouté ou respecté. Cela peut influencer notre façon d’aimer, de protéger, de poser des limites, mais aussi notre rapport au contrôle, à la culpabilité ou à la peur de ne pas être une assez bonne mère. Pour autant, je ne vois pas cette transmission comme une fatalité. La maternité peut devenir un véritable espace de transformation. En prenant conscience de ce qui nous a été transmis, nous pouvons choisir ce que nous souhaitons conserver, transformer ou arrêter de transmettre. Nous pouvons devenir le point de bascule d’une lignée.

Enfin être parent, c’est transmettre bien au-delà des mots. C’est montrer à nos enfants qu’un corps mérite d’être respecté, que chacun a le droit de dire oui ou non, que le consentement est essentiel, que l’intimité appartient à chacun et que la sexualité ne devrait être associée ni à la honte ni au silence. Pour moi l’enjeu est donc de ne pas disparaître derrière la maternité. Rester une femme, un être désirant, vivant et libre, avec ses besoins et son espace propre. Et transmettre à mes enfants qu’aimer les autres ne demande ni de se sacrifier ni de s’abandonner soi-même.

question

Quelle est ta perception et ta vision de la maternité et de la parentalité  ?

Ma vision de la maternité et de la parentalité a beaucoup évolué avec mon propre vécu. Pour moi, la maternité est une expérience profondément transformatrice. Elle ne consiste pas seulement à mettre un enfant au monde : elle vient bouleverser notre identité, notre rapport au corps, à l’amour, au temps, à la liberté et à nos propres limites. Elle révèle une force que l’on ne se connaissait pas, mais aussi des fragilités, des peurs et des blessures anciennes.

Je ne perçois pas la maternité comme quelque chose de toujours instinctif, évident ou merveilleux. Elle peut être source d’un amour immense, mais aussi de fatigue, de solitude, de culpabilité et d’ambivalence. On peut aimer profondément ses enfants tout en ayant parfois besoin de retrouver de l’espace, du silence et une identité qui ne se résume pas au rôle de mère. Pour moi, pouvoir reconnaître cette réalité sans honte est essentiel. La parentalité est aussi un miroir. Nos enfants viennent souvent réveiller l’enfant que nous avons été, nos manques, nos peurs et les modèles éducatifs que nous avons reçus. Nous pouvons alors reproduire inconsciemment certains fonctionnements familiaux ou, au contraire, chercher tellement à faire différemment que cela devient une nouvelle forme de pression. C’est pourquoi je vois la parentalité comme un chemin de conscience plutôt que comme une recherche de perfection.

Il ne s’agit pas d’être un parent parfait, mais d’apprendre à observer ses réactions, à reconnaître ses erreurs, à réparer lorsque c’est nécessaire et à rester en lien. Être parent, ce n’est pas tout savoir : c’est aussi accepter d’apprendre avec son enfant. Il y a également une dimension transgénérationnelle très forte. En devenant mère, j’ai compris que je ne transmettais pas seulement des valeurs ou une éducation, mais aussi une histoire familiale, des croyances, des peurs et des façons d’aimer.

La maternité peut nous donner l’occasion de regarder cet héritage, de choisir ce que nous souhaitons transmettre et de transformer ce qui n’a plus lieu d’être. Elle peut nous permettre de devenir un point de bascule dans notre lignée. Ma vision de la parentalité repose enfin sur l’idée d’accompagner plutôt que de façonner.

Un enfant n’est pas là pour répondre à nos attentes, réparer notre histoire ou devenir une version de ce que nous aurions voulu être. Il est un être à part entière, avec sa personnalité, sa sensibilité et son propre chemin. Notre rôle est de lui offrir suffisamment de sécurité, d’amour et de repères pour qu’il puisse progressivement devenir lui-même. Pour moi, être mère, c’est donc aimer, protéger et transmettre, mais aussi savoir laisser grandir et se séparer. C’est accompagner mes enfants sans m’oublier, leur donner des racines sans leur couper les ailes, et leur apprendre qu’ils peuvent être pleinement eux-mêmes sans avoir à renoncer à l’amour des autres.

question

Qu’est ce qui t’a mené à ouvrir ta vision et à percevoir autrement la Sexualité et la Parentalité ?

Ce qui m’a menée à ouvrir ma vision de la sexualité et de la parentalité, c’est d’abord mon propre chemin de femme. La maternité, mes fausses couches, la naissance de mes enfants et tout ce que ces expériences ont réveillé en moi m’ont profondément transformée. Elles m’ont amenée à regarder autrement mon corps, mon rapport au féminin, à l’intimité, au désir, mais aussi les peurs, les blessures et les mémoires que l’on peut porter sans même en avoir conscience.

Devenir mère a fait remonter des parts très anciennes de mon histoire : mon enfance, la relation à mes parents, les manques affectifs, les fonctionnements familiaux et tout ce qui s’était transmis de génération en génération. J’ai compris que la maternité ne faisait pas seulement naître un enfant : elle pouvait également faire renaître la femme, réveiller l’enfant qu’elle avait été et remettre en mouvement toute une lignée.

Ce chemin m’a aussi ramenée à une question essentielle : comment aimer l’autre sans m’oublier moi-même ? La sexualité comme la parentalité m’ont appris que l’amour de soi n’est ni de l’égoïsme ni un retrait de l’autre. Il est au contraire le socle qui permet d’aimer plus librement, sans chercher à être complétée, rassurée ou réparée par l’autre. J’ai également découvert la notion de non-attachement. Pour moi, il ne s’agit pas de moins aimer, de devenir distante ou de ne plus avoir besoin de lien. Il s’agit d’aimer sans posséder, sans enfermer et sans faire porter à l’autre la responsabilité de notre sécurité intérieure. Cela prend une dimension particulière dans la parentalité : nos enfants passent par nous, mais ils ne nous appartiennent pas. Ils sont des êtres à part entière, avec leur propre chemin, leur propre rythme et leur propre âme.

Mon travail d’accompagnement et les histoires des femmes que je rencontre ont également élargi ma perception.

J’ai pu observer à quel point la sexualité, la maternité et la parentalité sont intimement liées à l’estime de soi, au rapport au corps, à la sécurité intérieure, à la place que l’on s’autorise à prendre et à la manière dont on a soi-même été aimé.

Aujourd’hui, je ne vois plus la sexualité uniquement comme un acte ou une question de désir. Je la perçois comme une énergie de vie, un espace de relation à soi et à l’autre, mais aussi comme un lieu où peuvent se révéler nos blessures, nos conditionnements et notre difficulté à nous aimer pleinement. De la même manière, je ne vois plus la parentalité comme un ensemble de règles ou une recherche de perfection. Je la considère comme un chemin vivant qui nous confronte, nous révèle et nous invite à devenir plus conscients de ce que nous transmettons. Nos enfants viennent parfois toucher exactement les endroits que nous avions appris à éviter. Ils peuvent alors devenir, malgré eux, de véritables révélateurs. Derrière les blessures, les peurs, les rôles et les conditionnements, je crois qu’il existe quelque chose de plus profond : notre essence, notre âme.

Ce chemin m’a invitée à revenir à cette origine, à retrouver qui je suis au-delà de ce que j’ai vécu et de ce que l’on a projeté sur moi. Pour moi, la sexualité et la parentalité peuvent devenir des voies de retour à soi, à une forme d’amour plus consciente et à cette part essentielle de nous qui sait aimer sans se perdre. C’est donc le croisement entre mon histoire personnelle, mon expérience de mère, mon chemin de guérison et l’accompagnement des femmes qui m’ont permis de percevoir autrement la sexualité et la parentalité : non plus comme deux sujets séparés, mais comme deux espaces profonds de connaissance de soi, de transformation, de transmission et de reconnexion à l’âme.

question

Quelles sont les créations auxquelles tu as donné naissance, et qui t’ont fait le plus ressentir ce lien

entre maternité & parentalité, et la force créatrice de l’énergie sexuelle ?

Les créations les plus évidentes auxquelles j’ai donné naissance sont bien sûr mes deux enfants. Les porter, les mettre au monde puis les accompagner m’a fait ressentir très concrètement cette force créatrice : cette énergie capable de faire naître la vie, mais aussi de la nourrir, de la protéger et de l’aider à devenir pleinement elle-même.

Mais je ressens que cette même énergie sexuelle et créatrice s’est exprimée dans bien d’autres domaines de ma vie. Dans les entreprises où j’ai travaillé, j’ai imaginé et développé des produits innovants. Je partais d’une intuition, d’une idée encore invisible, parfois même incomprise par les autre, pour lui donner progressivement une forme et l’amener dans la matière. Il fallait la porter, la défendre, la faire grandir et accepter qu’un jour elle ne m’appartienne plus totalement. J’y retrouve quelque chose du processus de la maternité. J’ai aussi participé à la création de mon couple et de notre famille. Un couple n’est jamais une création achevée : c’est une relation vivante que l’on construit, nourrit et transforme au fil du temps. Notre famille est elle aussi devenue une oeuvre collective, avec ses ajustements, ses épreuves, ses apprentissages et sa propre identité. Enfin, j’ai donné naissance à ma nouvelle vie professionnelle, à mon entreprise, à mes accompagnements, à mes ateliers et à mes formations. Là encore, j’ai transformé une énergie intérieure, des expériences et une vision en quelque chose de concret, capable ensuite de vivre et de soutenir d’autres personnes. Pour moi l’énergie sexuelle ne se limite donc pas à la sexualité ou à la procréation. C’est une énergie de vie : celle qui donne l’élan de désirer, d’imaginer, de créer et de mettre au monde. Que l’on enfante un enfant, un couple, une famille, un produit ou un projet, il existe le même mouvement : accueillir quelque chose d’invisible en soi, le laisser prendre forme, le nourrir, puis lui permettre de trouver sa propre place dans le monde.

question

Comment vis-tu la maternité et la parentalité dans ta vie, et qu’as-tu envie de partager, qui te semble essentiel ?

Je vis la maternité et la parentalité comme un chemin d’amour, mais aussi comme un immense espace d’apprentissage et de transformation personnelle. J’aime profondément mes enfants, mais j’ai aussi un grand besoin de solitude, de silence, de liberté et d’espace. Au début de ma maternité, j’ai eu beaucoup de mal à trouver ces espaces. Je pouvais avoir l’impression que, pour une « bonne mère », je devais être disponible en permanence et faire passer mes propres besoins après ceux de mes enfants. Avec le temps, j’ai compris que prendre du temps pour moi ne faisait pas de moi une mère moins aimante. Au contraire, cela me permet de revenir vers eux plus disponible, plus présente et plus juste. Je ne crois pas que l’amour se mesure à la quantité de sacrifices que l’on fait. Pour moi, aimer mes enfants, c’est aussi leur montrer qu’une femme et une mère ont le droit d’exister en dehors de leur rôle maternel, d’écouter leurs besoins, d’avoir leurs propres élans et de rester reliées à elles-mêmes.

L’un de mes grands apprentissages est de les accompagner vers l’autonomie tout en préservant le lien. Trouver cette juste distance entre être là et ne pas faire à leur place. Les soutenir sans les empêcher d’expérimenter. Les protéger sans les enfermer. Leur transmettre des repères tout en leur permettant de construire les leurs. Cela demande aussi d’accepter qu’ils puissent se tromper, échouer, être frustrés ou traverser des moments difficiles.

Mon rôle n’est pas de leur éviter toutes les expériences inconfortables, mais de leur offrir une sécurité suffisamment solide pour qu’ils puissent les vivre sans se sentir seuls. L’échec ne signifie pas qu’ils ne sont pas capables. Il fait partie de leur chemin, comme il fait partie du mien. La parentalité m’invite également à regarder mes propres blessures. Certaines situations peuvent réveiller en moi des réactions émotionnelles fortes, parfois liées davantage à mon histoire qu’à ce que mes enfants sont réellement en train de vivre. J’apprends à reconnaître ce qui m’appartient, à ne pas leur faire porter mes peurs et à réparer lorsque ma réaction a dépassé ma pensée.

Je ne cherche pas à être une mère parfaite. Je cherche à être une mère consciente, capable de se remettre en question, de s’excuser et de recréer du lien. Ce qui me semble essentiel, c’est de ne pas chercher à faire de nos enfants des êtres parfaits, conformes ou adaptés à tout prix à une prétendue normalité. J’ai envie qu’ils puissent être pleinement eux-mêmes. Qu’ils connaissent leur valeur au-delà de leurs résultats scolaires, de leur comportement ou du regard des autres. Qu’ils n’aient pas besoin de se couper d’une partie d’eux-mêmes pour être aimé ou acceptés. Avec des enfants neuroatypiques, sensibles et très connectés, cette vision prend encore plus de sens. Leur fonctionnement ne correspond pas toujours aux cadres traditionnels, notamment à celui de l’école. Cela m’apprend à regarder au-delà des normes, à observer qui ils sont plutôt que de me focaliser uniquement sur ce que l’on attend d’eux. Leur différence n’est pas quelque chose à corriger : elle demande à être comprise, accompagnée et parfois protégée.

J’ai aussi envie de leur ouvrir une vision du monde plus large que celle transmise par l’école. Leur apprendre à penser par eux-mêmes, à écouter leur intuition, à développer leur créativité, leur sensibilité et leur discernement. Leur montrer qu’il existe plusieurs formes d’intelligence et plusieurs manières de réussir sa vie.

Qu’une vie réussie n’est pas forcément une vie conforme, mais une vie qui leur ressemble et dans laquelle ils se sentent profondément vivants. La maternité m’a aussi confrontée au non-attachement. Mes enfants sont passés par moi, mais ils ne m’appartiennent pas.

Je peux les aimer profondément sans chercher à décider qui ils doivent devenir. Mon rôle est de leur offrir des racines suffisamment solides et un espace suffisamment vaste pour qu’ils puissent déployer leurs propres ailes.

Ce que j’ai envie de partager, c’est que la parentalité n’est pas seulement l’éducation d’un enfant. C’est une rencontre entre plusieurs histoires, plusieurs sensibilités et plusieurs âmes. Nos enfants nous révèlent autant que nous les accompagnons. Ils viennent parfois réveiller nos blessures, mais aussi nous reconnecter à notre capacité d’aimer, de nous émerveiller et de voir le monde autrement.

Pour moi l’essentiel est peut-être là : les protéger sans les empêcher de vivre, de continuer à me choisir moi-même pour leur montrer qu’il est possible d’aimer profondément sans se perdre ..

question

Quel a été l’un des plus grands enseignements que t’a apporté la maternité, la parentalité ?

L’un des plus grands enseignements que la maternité m’a apporté est certainement l’humilité. Avant d’avoir des enfants, j’avais des croyances et des certitudes sur la manière dont je souhaitais les élever, sur ce qu’était une « bonne mère » ou sur ce que mes enfants deviendraient. Puis ils sont arrivés avec leur personnalité, leur sensibilité, leur fonctionnement et leur propre chemin. Ils m’ont obligée à déconstruire une grande partie de ce que je pensais savoir. La parentalité vient régulièrement bousculer mon égo : cette part de moi qui voudrait maîtriser, anticiper, protéger, comprendre et parfois même avoir raison. J’ai appris qu’aimer ne signifie pas tout savoir ni tout réussir.

C’est aussi accepter de ne pas avoir toutes les réponses, reconnaître mes erreurs, m’excuser, changer d’avis et apprendre en même temps qu’eux. Mes enfants m’ont aussi appris qu’ils ne sont pas une extension de moi. Ils ne sont pas là pour confirmer mes choix, répondre à mes attentes ou réparer mon histoire. Ils sont des êtes à part entière, avec leur propre âme, leurs expériences et leur liberté.

Je peux les accompagner, leur transmettre certaines valeurs et leur offrir un cadre, mais je ne peux ni vivre à leur place ni contrôler leur destinée. La maternité m’a également mise face à l’une de mes peurs les plus profondes : celle de les perdre. Aimer aussi intensément rend vulnérable, parque l’on prend conscience que rien ne nous appartient et que tout peut changer.

question

Quel a été l’un des plus grands enseignements que t’a apporté la maternité, la parentalité ?

L’un des plus grands enseignements que la maternité m’a apporté est certainement l’humilité. Avant d’avoir des enfants, j’avais des croyances et des certitudes sur la manière dont je souhaitais les élever, sur ce qu’était une « bonne mère » ou sur ce que mes enfants deviendraient. Puis ils sont arrivés avec leur personnalité, leur sensibilité, leur fonctionnement et leur propre chemin. Ils m’ont obligée à déconstruire une grande partie de ce que je pensais savoir. La parentalité vient régulièrement bousculer mon égo : cette part de moi qui voudrait maîtriser, anticiper, protéger, comprendre et parfois même avoir raison. J’ai appris qu’aimer ne signifie pas tout savoir ni tout réussir.

C’est aussi accepter de ne pas avoir toutes les réponses, reconnaître mes erreurs, m’excuser, changer d’avis et apprendre en même temps qu’eux. Mes enfants m’ont aussi appris qu’ils ne sont pas une extension de moi. Ils ne sont pas là pour confirmer mes choix, répondre à mes attentes ou réparer mon histoire. Ils sont des êtes à part entière, avec leur propre âme, leurs expériences et leur liberté.

Je peux les accompagner, leur transmettre certaines valeurs et leur offrir un cadre, mais je ne peux ni vivre à leur place ni contrôler leur destinée. La maternité m’a également mise face à l’une de mes peurs les plus profondes : celle de les perdre. Aimer aussi intensément rend vulnérable, parque l’on prend conscience que rien ne nous appartient et que tout peut changer.

Même si, dans ma vision spirituelle, je crois que la mort n’est pas une fin et que le lien entre les âmes continue, mon humanité et mon coeur de mère connaissent cette peur. Mon chemin n’est pas de nier cette peur avec mes croyances spirituelles, mais d’apprendre à vivre avec elle sans la laisser diriger ma manière d’aimer. Elle peut parfois donner envie de surprotéger, de contrôler ou d’anticiper tous les dangers. Je dois alors revenir au présent et me rappeler qu’ils sont là, vivants, et que je ne veux pas que la peur de les perdre m’empêche de les laisser vivre.

La parentalité m’enseigne ainsi le non-attachement dans ce qu’il a de plus exigeant : aimer profondément sans posséder, protéger sans enfermer et être présente sans chercher à tout maîtriser. Elle m’apprend à faire confiance à la vie, à leur chemin et à ce qui nous dépasse. Finalement, mes enfants m’ont appris que l’humilité n’est pas de se diminuer. C’est accepter que je ne sais pas tout, que je ne contrôle pas tout et que je serai toujours en apprentissage. Je ne cherche plus à être une mère parfaite. J’essaie d’être une mère présente et consciente, capable d’évoluer avec eux et de choisir l’amour, même lorsque la peur est là.

question

Quelle connexion entretiens tu avec la facette archétypale et l’énergie de la Mère et du Père,

quelle place ont ils dans ta vie ? 

J’entretiens une connexion profonde, mais encore en mouvement, avec ces deux énergies. La Mère représente pour moi l’accueil, l’intuition, la douceur, la capacité à nourrir et à aimer. Le Père symbolise davantage le cadre, la protection, la sécurité et l’élan pour agir dans le monde.

Mon histoire m’a amené à déconstruire certaines blessures liées à ces deux figures, puis à développer en moi ce que j’avais parfois cherché à l’extérieur. Aujourd’hui, j’essaie de faire vivre ces deux facettes de façon plus équilibrée : accueillir avec amour sans me sacrifier, et poser un cadre sans contrôler. Elles occupent une place essentielle dans ma manière d’être femme, mère et accompagnante.

question

Quelle est l’une des clés qui est capitale pour se connecter

à sa Mère intérieure et son Père Intérieur, pour devenir nous même

nos propres parents, prendre soin de nous et devenir souverain(e) ?

Pour moi, l’une des clés essentielles est de sortir des injonctions qui nous ont construites : devoir, contrôler, plaire, être parfaite … pour revenir dans le corps. Revenir dans son bassin, dans son ancrage, dans ses sensations, c’est quitter le mental qui cherche à tout maîtriser pour écouter ce qui est vivant en nous. C’est apprendre à relâcher, à ressentir et à laisser circuler la vie plutôt qu’à constamment la retenir. La Mère intérieure accueille, nourrir et autorise : « Tu peux être exactement comme tu es » Le Père intérieur protège, structure et pose des limites : « Je suis là, tu es en sécurité et je ne te laisserai plus t’abandonner pour être aimé.e »

Devenir son propre parent, c’est donc cesser de chercher uniquement à l’extérieur la sécurité, la reconnaissance ou la permission d’exister. C’est apprendre à s’écouter, à se soutenir, à se protéger et à se choisir. Et oui, pour moi, l’intention profonde est d’aimer. Mais aimer ne signifie pas tout accepter. L’amour peut être doux, mais il sait aussi dire non, poser une limite, exprimer une colère juste, se retirer ou choisir le repos. La souveraineté naît peut-être de cette alliance intérieure : une Mère qui accueille tout ce que je suis et un Père qui protège la vie en moi.